Des avant coureurs et concurrents


Ceux qui se sont aventurés, accourus dans la même direction,

Yves Klein et ses bleus... mais a-t-il étendu l'art de l'étendage dans le cadre des musées?
Laisse Yves (Klein) qui a mis l’art dans de beaux draps, et nous a roulé comme des bleus en tachant de nous faire voir que du bleu en se roulant dedans.
Depuis ses oeuvres ont été cadrées et redressées, est-ce un étendage infiltré ?
Avec la corde à linge sans linge Duchamp, le ready-made dans le pré est au plus près du minimal-art dans la nature. N'y manquait qu'un marcel ? Non, toujours là, le Marcel... (comme dans l’art abstrait de Malevitch, l'absent du carré blanc sur fond blanc ? )



Avec gratitude pour tous les artistes inconnus ou connus dont les célébrations rituelles ont été exposées au regard du public ont été retenues pour illustrer la manifestation de ce nouvel art modeste, l'Étendage.
Art mineur, qui accompagne discrètement nos vies depuis longtemps avec le linge qui les protège, fait signe dans nos environnements, temoigne de nos accomplissements, suit nos humeurs, dévoile nos goûts, expose nos travers, confie nos pudeurs, partage nos ridicules, divulgue nos secrets presque à tous les vents, frétille impatiemment d'être emporté, ou balance doucement ses couleurs en prenant son temps dans la mémoire de nos plaisirs.


Parmi les précécents, sur cette voie :
Camille Pissaro , "Femme étendant du linge", une huile sur toile, au musée d'Orsay, Joaquìn Sorolla et ses voiles,
John Sloan, 1871-1951 peint et décrit très bien ce moment plaisir partagé en peinture et en mots, dans l'espace de liberté d'un dimanche modeste mais précieux, pour ces femmes sur une terrasse d'immeuble urbain à sécher leur chevelure, l'une en robe blanche avec un étendage au vent sur une corde à linge proche
"Sunday, women drying their hair", huile sur toile des "Femmes séchant leurs cheveux un dimanche",
existe en lithographie sur papier vergé, presque le même sujet "Sunday, drying their hair"
et aussi "Night windows", une éclairante gravure sur papier vergé, avec un étendage, 1910 (NGA search) 1958.8.186 ,n°152,v/vRosenwald Collection 13.34x17;78 cm Catalogue raisonné Morse1969
des oeuvres présentes à l'Addison Gallery of Arts à ou sur https://addison.andover.edu/search-the-collection/? l


Plus récemment, avec une curieuse homonymie, John Sloane a choisi de peindre dans plusieurs de ses tableaux bucoliques, "On the wind" , "Summer breeze", "Catching the breeze", "Country life", "My favorite", "Country seasons", des maisons à la campagne avec des étendages, visibles sur https://johnsloaneart.com/products/on-the-wind

Tentant de se faire oublier, le « mât de Buren » à Marseille monté en 1989 avec ses 500 petits fanions vibrants bleus puis blancs et bleus à l’Escale Borely sur les plages du Prado, et usé peu à peu par le mistral jusqu’à sa destruction en 2007, demandée par l’artiste lui-même,
Extrait de La Provence : publié le 14/09/2015 à 05:19, par Sophie Manelli : Un geste à 1,5 million d’€
à Marseille, certaines oeuvres ont suscité la polémique, comme le célèbre mât de Buren. Installé devant l'Escale Borely, il avait été offert en 1989 par Jack Lang pour célébrer le parcours de Fédérés. Un cadeau (de 100 000€) empoisonné, puisque très vite, le mistral et la pollution eurent raison du génie de l'artiste. Les 500 fanions ornementant le mât révolutionnaire se mirent en berne, déchirés, pendouillant lamentablement sur une structure rongée par la rouille. Plusieurs fois, la municipalité dut rafistoler, à ses frais, cette oeuvre maudite. Jusqu'à ce qu'en 2007, Daniel Buren lui-même décide qu'il ne pouvait plus la voir en peinture ! L'artiste a demandé à la Ville de la démonter et d'en faire ce que bon lui semblait... à condition de ne plus jamais l'exposer ! Du moins, le mât de Buren est-il resté dans les mémoires.

Et des origines ?

Des antécédents, précurseurs, avant-coureurs, sa gestation avant la reconnaissance de cette éclosion comme pratique artistique, partie affirmée du monde de l'art ? Voire même une valeur estimée esthétique et commerciale ?
S'apercevoir que ceux qui ont ressenti une émotion esthétique à ce spectacle au point d'en garder la trace et la partager se comptent par milliers aide à discerner un art conceptuel qui s'y trouve et rassemble ces nombreux artistes hésitant peut-être à le distinguer.
À ce jour, plus de 4000 vidéos et séquences d'archives de linge etendu et de cordes à linge, signées, répertoriées, 34 674 images et photos (utilisables, libres de droits) sur le même thème, cataloguées et disponibles à l'achat, sans mention d'objet d'art ou d'art de l'étendage pour déjà publiées sur le net,
Egalement, la mémoire de la surprenante révolution des cordes à linge, "tira moli" à Split en Croatie, pour défendre l'esthétique des étendages et des cordes à linge profondément liée à celle des constructions historiques de la ville et à sa personnalité. . Elle rappelle qu'il n'était pas même nécessaire de définir l'art conceptuel présent dans l'étendage pour le défendre, et braver des autorités qui voulaient en nettoyer la ville, aveugles à son importance esthétique patrimoniale rassurante sur la permanence de l'identité municipale pour la vie de ses habitants et ses visiteurs.


Helga Stenzel "la vache", a utilisé du linge pour ses créations* sans pour autant s'accrocher à l'étendage.
wwwwwwww s'accroche à l'étendage pour y trouver une forme d'exposition pour de l'art graphique.



Où règne une  liberté intersticielle*.
Libre d'un coté, retenu de l'autre... 
(*  à relier au sens donné par Abraham Moles
   )

Génériques plus proches

D'ou vient l'idée que l'étendage est un art passé inaperçu comme tel jusqu'ici ?
En 2025, la publication, et le choix d'une forme, sont décidés : Un site web, forme des plus facilement accessibles, pour conserver la dimension animée, vivante de l'étendage. Du texte serait insuffisant sans l'illustration par l'image animée, alors des vidéos courtes, aménagerontl es dimensions de cet art conceptuel où tant d'auteurs sont des artistes sans le savoir,. .
À l'origine, le questionnement du souvenir : pourquoi cet attrait durable du spectacle des draps étendus à sécher dans le vent, un attrait très souvent partagé, et aussi les réticences, plus rares, à étendre le linge à sécher au dehors, un dévoilement de choix personnels, avec la crainte du vol de linge, ou de son envol bien plus fréquent, Et après, le champ de contrainte de ces étalages, la temporanéïte , la nouveauté, la banalité, la variété, la discrétion, la couleur, la forme, la présence, l'animation, et ce qui attire l'attention et la curiosité.

L' art de l'étendage, la reconnaissance d'un art modeste venu aussi avec le temps des blue-jeans passés qui ont rendu valeur esthétique, et honorabilité au déjà porté, aux couleurs déjà modifiées par la vie, afficher la propre expérience dans les traces d'usage du tissu, délavé, étendu, détendu depuis longtemps à tous les vents et tous les soleils.
La reconnaissance de cette expérience a eu un tel succès qu'il a fallu même délaver, user et usager les jeans neufs.

Ainsi prêt à percevoir de l’art où il ne s’en voyait pas encore, l'auteur créateur poursuit une voie empreintée - errer sans erreur, éjà une licence avec des traces de patte de Duchamp, Fluxus, Ben, Klein, Agam, Calder, Soto, Morellet, Tinguely, Moles, et... le regard échangé.


L’accrochage à l'étendoir signe une nouvelle exposition ouverte au regard du public.