Étendages, une nouveauté dans l'art conceptuel
Dans la pratique si répandue, ancienne, commune et ordonnée de l'étendage, se trouvent des
effets sensibles et des émotions diverses, avec une esthétique partagée relevant d'un art, attractif où qu'il se trouve.
Cette ressource artistique nous accompagne discrètement, avec une variété kaleïdoscopique à explorer.
A l'étendage, l'étalage modeste, des vêtements, draperies et oripeaux, est retenu dans ses chutes ou ses envolées à l'air libre,
d'exprimer à la ronde au gré du vent, la vacance de nos affaires dépouillées de leur occupation immédiate.
Des expositions temporaires variées qui se signalent,
se renouvellent, ouvertes au regard du public,
cinétiques et animées, un rituel varié, témoignage assuré d'une vie propre.
Art ménager ? Un art aménagé par des artistes ménagères le plus souvent
Un art consommé ? L'étendage dévoile avec un art qui hésite à se montrer
trop longtemps, un art domestique, aménagé par des artistes, ménagères le plus souvent,
en suivant une pratique ancienne, régulière et répandue grâce aux vertus épuratrices de l'eau douce et de l'air libre,
Et même parfois discrètement exposé à l'intérieur de la galerie ou du salon, par la force des choses
et les caprices du temps, soutenu par des ingénieux étendoirs revenus primés du Salon des Arts Ménagers,
La banalité de l'étendage le montre comme une entreprise esthétique publique révélatrice de choix personnels originaux,
de mises en scène de rencontres de vêtements qui ne paraissent pas ensemble, entre la fierté ou la gêne, l'espoir ou la peine, et se concevoir,
s'affirmer aussi, comme manifestation de l'art.
A propos des vues...
Changer le regard, porté sur l'étendue de l'étendage, en conserver des émotions fugitives et des traces de leurs histoires,
sans les moyens d'en sauvegarder les traces, la dimension temporaire brève de l'étendage en aurait fait
un art éphémère dont l'existence serait plus difficile à partager.
Pour en garder la cinétique aussi, temporelle et spatiale, attachée au pavillon, à la propriété, au groupe, et leur fluctuatios, le regard se limite au cadre de
la courte séquence vidéo en plan fixe, une sorte de photographie animée.
Et si l’art se forme dans le regard qui isole et constitue l’objet d’art, le cadre dans les limites d'un champ, en garde une image stable, et va attirer avec l’attention,
des mots et des connaissances, puis des sciences.
Et ainsi se définit un art conceptuel original.
Des antécédents, précurseurs, avant-coureurs, sa gestation avant la reconnaissance de cette éclosion comme pratique artistique, partie affirmée du monde
de l'art ? Voire même une valeur estimée esthétique et commerciale ?
S'apercevoir que ceux qui ont ressenti une émotion esthétique à ce spectacle au point d'en garder la trace et la partager se comptent par milliers aide à discerner
un art conceptuel qui s'y trouve et rassemble ces nombreux artistes hésitant peut-être à le distinguer.
À ce jour, plus de 4000 vidéos et séquences d'archives de linge etendu et
de cordes à linge, signées, répertoriées, 34 674 images et photos (utilisables, libres de droits) sur le même thème, cataloguées et
disponibles à l'achat, sans mention d'objet d'art ou d'art de l'étendage
pour
déjà publiées sur le net,
Egalement, la mémoire de la surprenante révolution des cordes à linge, "tira moli" à Split en Croatie,
pour défendre l'esthétique des étendages et des cordes à linge profondément liée à celle des constructions historiques de la ville et à sa personnalité.
. Elle rappelle qu'il n'était pas même nécessaire de définir l'art conceptuel présent dans l'étendage pour le défendre, et braver des autorités qui voulaient en nettoyer la
ville, aveugles à son importance esthétique patrimoniale rassurante sur la permanence de l'identité municipale pour la vie de ses habitants et ses visiteurs.
L'étendage signe l’accrochage d'une nouvelle exposition ouverte au regard du monde.
À questionner ses Avant coureurs antécédents ?
Un art qui prend l'air où il le trouve où qu'il se trouve.
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